Des bactéries pour protéger la fraise d’une pourriture prématurée

Publié le par FESA

Menace pour bon nombre de légumes et de fruits tels que les tomates, les courgettes, le raisin ou encore la laitue, celle que l’on surnomme la « pourriture grise » est surtout dévastatrice pour la fraise.
Véhiculée par un champignon, dénommé Botrytis cinerea, cette maladie entraîne la pourriture prématurée du fruit, rendu dès lors impropre à la consommation.
Elle est extrêmement virulente pendant la période de stockage, particulièrement propice à la propagation du champignon.
S’étendant de fruit en fruit, le parasite ravageur est capable de décimer une production entière. Selon l’IRD (1), touchant aussi bien le pourtour méditerranéen et les Etats-Unis que le Mexique et l’Asie, cette moisissure peut entraîner des pertes allant jusqu’à 25% des récoltes mondiales de fraises non traitées.
A l’heure actuelle, seules des formules fongicides synthétiques sont disponibles pour lutter contre ce fléau. Or, outre leur nocivité avérée pour l’environnement et pour la santé humaine, ces pesticides ont perdu une grande part de leur efficacité face au développement de souches résistantes du parasite.
Atout écologique comme économique, une alternative biologique existe pourtant. En effet, des bactéries du genre Bacillus (2), vivant dans des milieux très salés, seraient capables de réduire d’au moins 50% , voire d’éradiquer, la pourriture grise.
Déjà testés sur des plants de fraisiers, ces agents biologiques n’avaient pas, jusqu’à présent, démontré leur efficacité au cours de l’entreposage. C’est désormais chose faite, une équipe de chercheurs de la Faculté des Sciences de Tunis ayant expérimenté, de 2006 à 2008, une application commerciale de cette méthode durant trois saisons dans les entrepôts de fraises de la région du Cap-Bon, au Nord-Est de la Tunisie.
En comparaison tant des fruits non traités que des produits soumis aux traitements chimiques, les fraises cobayes ont montré une réduction significative du phénomène de moisissure. Grâce à l’alternative biologique, une grande partie des récoltes a ainsi pu être épargnée.

Pour l’heure, les recherches se poursuivent, avec le soutien de l’IRD, en vue de l’homologation et de la commercialisation de ce composé alternatif, produit à base de bactéries résistantes à la pourriture grise.
Cécile Cassier - Univers Nature
Photo © IRD / Michel Jégu (vignette © Université de Tunis / Zadfi Zouaoui
1- Institut de Recherche pour le Développement.
2- Bacillus subtilis et Bacillus pumilus
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