L’abeille disparaît à cause des pesticides (10 & fin)
Tout ceci se fait en usant de formules injustes et malhonnêtes. “L’agriculture durable et raisonnée”, dit une publicité Cruiser expédiée aux agriculteurs (1).Alors que c’est tout l’inverse du raisonné puisque l’on pellicule le grain d’insecticide et de fongicide sans savoir s’il y aura attaque d’insectes ou champignon éventuel.
C’est le summum du traitement systématique et déraisonné.
L’abeille est le témoin malheureux de ces pratiques inconscientes.
Quel éleveur, quelle que soit la production, survivrait économiquement et psychologiquement à des pertes régulières de son cheptel de l’ordre de 30 %, 40 % et parfois au-delà de 50 % ?
Des collègues sont désespérés, va-t-il falloir des drames humains, des drames familiaux pour que l’administration française arrête de nous traiter avec mépris ?
Dans tout rapport officiel sur l’apiculture, une prétendue incompétence des apiculteurs prend plus de place que les conséquences de l’usage des pesticides.
Quand j’ai démarré, il y a vingt-cinq ans, quasiment sans formation et sans expérience, la taille de mon cheptel progressait sans difficulté.
Aujourd’hui, malgré les techniques que j’ai acquises, les moyens plus importants dont je dispose, je me sens aussi désarmé que le débutant.
En cette fin mars, lors de mes premières visites ce printemps, la situation est toujours aussi préoccupante.
Consultez en annexe, l’évolution du cheptel d’un jeune apiculteur installé en Bretagne en 2005 avec 400 colonies (12).
Le récent rapport de Martial Saddier “Pour une filière apicole durable” ne nous donne aucun espoir. La limite des investigations est fixée dans la lettre de mission du Premier ministre M. Fillon en une phrase : “Sans préjudice de la nécessaire prise en compte de la protection sanitaire des cultures”.
En d’autres mots : “Rassurez les apiculteurs ! Occupez-les !
Mais interdiction au député de mettre en cause les pesticides”.
Ces consignes ont été respectées, vous pouvez le constater dans le rapport (10).Mais interdiction au député de mettre en cause les pesticides”.
Face aux défis que nous devons affronter, les moyens d’actions de notre syndicat sont dérisoires. L’adversaire est puissant, mais nous avons pour nous notre bonne foi et notre conscience et un fabuleux atout : l’opinion publique, car de plus en plus de personnes sont victimes de ces poisons jusque dans leur chair, et ils doivent en plus payer les dépollutions.
Nous avons besoin d’être épaulés, nous manquons de moyens financiers pour communiquer, pour combattre l’hypocrisie des lobbyistes de l’agrochimie.
L’urgence et l’enjeu sont de taille, ils concernent chacun d’entre nous.
Diffusez ce mail, alertez vos élus pour mettre l’agrochimie face à ses responsabilités.
Le maïs dans nos campagnes bretonnes : une catastrophe pour la planète : - une plante exigeante en eau, en engrais, en pesticides, donc des plus polluante, - une plante déséquilibrée pour l’alimentation de nos troupeaux, nécessité d’équilibrer les rations alimentaire avec du soja OGM, produit à l’autre bout de la planète au détriment des forêts et des cultures vivrières, affamant encore un peu plus les populations démunies (11).
José NADAN Apiculteur professionnel depuis 1984 - Président du SAPB
(1) Guide des bonnes pratiques Syngenta, adressé aux agriculteurshttp://www.syngenta-agro.fr/synweb/produit_fiche_1694_1_CRUISER.aspx
(10) Rapport Saddier :
http://www.developpement-durable.gouv.fr/article.php3?id_article=3776
(11) Voir le film “Herbe” :
http://www.herbe-lefilm.com/
(à voir : Le Titanic Apicole - La Terreur Pesticide )
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