Agrocarburants: l'Ademe va modifier son rapport controversé (2 & fin)
La synthèse du rapport de l’Ademe sur le bilan environnemental des biocarburants, mise en ligne le 8 octobre, a été retirée le 2 novembre 2009.

Le rapport a pour objet de réaliser une analyse du cycle de vie (ACV) des agrocarburants en s’appuyant sur les recommandations du référentiel finalisé en 2008.
La réduction des émissions de GES d’au moins 35% par rapport aux équivalents fossiles est un de ces critères. D’où la nécessité d’une ACV.
Or les détracteurs de l’étude estiment que les calculs du rapport ont été optimisés en faveur des agrocarburants, dans un contexte de promotion de ces filières en France.
Le plan Biocarburants français prévoit l’incorporation de 7% de biocarburants en 2010, un objectif supérieur à celui de 5,75% fixé par la directive de 2003.
«Le rapport s’appuie sur des données fournies par les industriels de l’éthanol, très différentes de celles que l’on trouve dans la littérature scientifique, mais non vérifiables au nom du ‘secret industriel’», explique Lionel Vilain de FNE.
Pour lui, il s’agirait plus d’un rapport politique que d’un rapport scientifique.
Il critique en outre le fait que les impacts des changements d’affectation des sols n’aient pas été suffisamment pris en compte.
Plus étonnant, le groupe Total, qui devrait recevoir 7 millions d’euros pour un projet d’expérimentation de biocarburants de deuxième génération [dont l’impact environnemental devrait être meilleur] a également émis des réserves sur la méthodologie et les calculs du rapport.
Le rendement énergétique des carburants fossiles aurait été «minimisé» pour augmenter artificiellement celui des biocarburants, évoque une source.
«L'Ademe a fait savoir que différents points seront revérifiés. Ce travail est en cours et Total y est associé», souligne un responsable de communication du groupe.
«L’Ademe doit tenir compte des critiques. Un nouveau rapport doit être soumis au comité technique début décembre», indique Lionel Vilain qui souhaite «un rapport sérieux, honnête et transparent». La Confédération paysanne estime, dans un communiqué du 10 novembre, que la publication de l'étude «n'interviendra vraisemblablement pas avant janvier 2010». Elle dénonce le fait que «les partisans de l'éthanol et du diester» continuent pourtant de s'appuyer sur la synthèse de l’Ademe pour influencer les débats sur le montant de la défiscalisation des agrocarburants dans le cadre du projet de loi de finances, examiné cette semaine par les députés.

De quoi s’agit-il ?
Le rapport a pour objet de réaliser une analyse du cycle de vie (ACV) des agrocarburants en s’appuyant sur les recommandations du référentiel finalisé en 2008.
L’enjeu ?
Prouver que les biocarburants de première génération satisfont aux exigences de la directive sur les énergies renouvelables qui fixe l’objectif de 10% d’ENR dans le secteur des transports d’ici 2020, sous réserve de critères de durabilité.La réduction des émissions de GES d’au moins 35% par rapport aux équivalents fossiles est un de ces critères. D’où la nécessité d’une ACV.
Or les détracteurs de l’étude estiment que les calculs du rapport ont été optimisés en faveur des agrocarburants, dans un contexte de promotion de ces filières en France.
Le plan Biocarburants français prévoit l’incorporation de 7% de biocarburants en 2010, un objectif supérieur à celui de 5,75% fixé par la directive de 2003.
«Le rapport s’appuie sur des données fournies par les industriels de l’éthanol, très différentes de celles que l’on trouve dans la littérature scientifique, mais non vérifiables au nom du ‘secret industriel’», explique Lionel Vilain de FNE.
Pour lui, il s’agirait plus d’un rapport politique que d’un rapport scientifique.
Il critique en outre le fait que les impacts des changements d’affectation des sols n’aient pas été suffisamment pris en compte.
Plus étonnant, le groupe Total, qui devrait recevoir 7 millions d’euros pour un projet d’expérimentation de biocarburants de deuxième génération [dont l’impact environnemental devrait être meilleur] a également émis des réserves sur la méthodologie et les calculs du rapport.
Le rendement énergétique des carburants fossiles aurait été «minimisé» pour augmenter artificiellement celui des biocarburants, évoque une source.
«L'Ademe a fait savoir que différents points seront revérifiés. Ce travail est en cours et Total y est associé», souligne un responsable de communication du groupe.
«L’Ademe doit tenir compte des critiques. Un nouveau rapport doit être soumis au comité technique début décembre», indique Lionel Vilain qui souhaite «un rapport sérieux, honnête et transparent». La Confédération paysanne estime, dans un communiqué du 10 novembre, que la publication de l'étude «n'interviendra vraisemblablement pas avant janvier 2010». Elle dénonce le fait que «les partisans de l'éthanol et du diester» continuent pourtant de s'appuyer sur la synthèse de l’Ademe pour influencer les débats sur le montant de la défiscalisation des agrocarburants dans le cadre du projet de loi de finances, examiné cette semaine par les députés.
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