dixième conférence des parties de la Convention Diversité Biologique (CDB)

Publié le par FESA

La dixième conférence des parties de la Convention Diversité Biologique (CDB) , a ouvert ses travaux Lundi 18 Octobre à Nagoya (Japon) .

Ils vont durer deux semaines.

Alors qu’il y a un an, le monde était secoué par la future conférence de Copenhague sur le climat , c’est dans une atmosphère plutôt morose et calme que le bilan de dix huit ans d’action en faveur de la biodiversité va se dérouler. Pourtant bien du chemin a été parcouru .
D’abord l’esprit du texte a changé : la politique de conservation s’est enrichie d’un souci de gestion équilibrée et durable des ressources biologiques.

En 1996 à Buenos Aires , s’affirme le principe de la reconnaissance des savoirs locaux et s’établissent les principes d’un partage juste et équitable des bénéfices provenant de l’utilisation des ressources génétiques.
Se posent alors, avec les débats qui se mènent dans le cadre du Protocole de Cartagène, les questions qui fâchent : celles de la bio-piraterie, celles de la biosécurité et celles même du statut du vivant : les OVM (organisme vivant modifié ) et les OGM restent-t-ils une ressource naturelle ou artificielle ?

Quelle est la dangerosité de leur transport et de leur dissémination ?
Vont venir les grandes déclarations politiques et les grandes promesses de 2002 à Johannesburg , comme celle de réduire de 50% l’extinction des espèces en 2010.

Evidemment , le défi est perdu d’avance.

FESA-map.johannesburg-10_10_21.jpgMais l’échec conduit à une révision de la stratégie de conservation.

Des espèces extraordinaires comme le loup, l’ours, on s’intéresse à la protection des espèces dites banales , celles qui font partie de nos usages quotidiens, puis à la nécessaire protection des écosystèmes .

L’approche a changé : à l’approche systémique s’est substituée l’approche écosystémique.
Encore faut -il pour cela que l’homme , principal acteur de ces écosystèmes prenne la mesure de son impact .

Et c’est ainsi que s’opère un autre glissement qui va être celui de Nagoya et dont nous ne connaissons pas l’avenir : discuter du partage des avantages des découvertes issues du vivant (APA) , donner une vraie place dans les négociations au Sud principal détenteur de la richesse, structurer le futur IPBES ( regroupement des acteurs de la protection et de la valorisation , équivalent du GIEC pour le climat, futur conseiller des politiques) Il aura la responsabilité d’établir les critères objectifs et consensuels de la valorisation du vivant : une manière d’entrainer dans la course les nouveaux partenaires que vont être les entreprises.
La grande question, reste celle qui se posera entre Nagoya et Rio +20 : avons-nous marchandisé le vivant ?

Peut-on traiter dans un texte commun , l’infiniment petit et l’immensément grand, le planétaire et la spécificité de la biodiversité locale ?


Dominique Martin-Ferrari : gaia-network.com

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