Le coup de grâce pour le golfe du Mexique (2 & fin)

Publié le par FESA

Une zone morte de plus de 18 000 kilomètres carrés

FESA-Oiseau-Polocean_hydr--10_06_04.jpg

 

A la surface, une nappe de pétrole de plus de 960 kilomètres de circonférence se dirige lentement vers les côtes, poussée par le vent.

Il faut cependant rappeler que les forages pétroliers ne sont pas la seule activité humaine à mettre en péril cet écosystème vital


Chaque année, des millions de tonnes de nitrates et de phosphates provenant des exploitations agricoles du Midwest se retrouvent dans les cours d’eau qui se jettent dans le Mississippi


Le grand fleuve dépose ensuite ces produits agrochimiques dans le golfe, où ils provoquent une prolifération d’algues qui pompent tout l’oxygène et tuent la vie sous-marine sur une surface de plus de 18 000 kilomètres carrés.

Cette vaste zone morte a déjà eu des effets néfastes sur la pêche.

Les algues sont alimentées en nutriments par la culture du maïs, le premier produit agricole des Etats-Unis.

La moitié de la production de cette céréale se retrouve dans les élevages intensifs et nourrit vaches, poulets et cochons entassés dans des usines polluantes.

Le boom de la production d’éthanol à partir de maïs, né de la demande du gouvernement ces dernières années, joue également un rôle.

Il y a cinq ans, 13 % seulement de la production de maïs allaient dans les usines d’éthanol.

Aujourd’hui, c’est un tiers de celle-ci et, d’ici à 2015, si le gouvernement persiste dans cette voie, ce sera la moitié.

L’accroissement de la demande d’éthanol fait déjà payer un lourd tribut au golfe du Mexique.

Ainsi, comme la marée noire, la zone morte doit en partie son existence à notre dépendance vis-à-vis de la voiture.

A cette époque de l’année, les engrais sont en train d’arriver dans le golfe et les algues commencent à peine à faire leur sale boulot. Mais voilà qu’aux dégâts habituels causés par l’agriculture s’ajoute ce qui s’annonce comme la plus grande marée noire qu’ait connue le pays.

Au lieu de protéger le golfe du Mexique, il semble que nous soyons bien décidés à le détruire pour avoir de la viande et du carburant bon marché. Est-il trop tard pour changer de cap ?

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article