« On peut nourrir 9 milliards d'habitants » (1)
Pour Luc Guyau, (ex président de la FNSEA 1992-2001, vice président du CESE [Conseil Economique Social et Environnemental], UMP) président de la FAO, l'agence des Nations unies chargée de l'agriculture, de l'alimentation et de la pêche, la faim n'est pas une fatalité.
Quel goût la faim laisse-t-elle dans la bouche ?
Une amertume, et puis des crampes à l'estomac.
Chaque matin, 925 millions de personnes se lèvent sans savoir si elles auront suffisamment à manger au cours de la journée.
Très loin des objectifs ambitieux qui avaient été fixés par la communauté internationale en 1990.
L'Organisation des Nations unies (Onu) s'était engagée à ramener, d'ici à 2015, le nombre de personnes souffrant de la faim de 800 millions à 500 millions.
Premier paysan à présider la FAO (l'agence des Nations unies pour l'agriculture, l'alimentation et la pêche), le Vendéen Luc Guyau a fait de ce combat une priorité. « On peut nourrir le monde, insiste-t-il. Encore faut-il le vouloir. »
Tout, selon lui, contribue à faire de l'agriculture l'une des questions centrales du XXIe siècle.
Les paysans vont devoir nourrir une humanité plus nombreuse : 9 milliards d'habitants en 2050 contre 6,7 milliards aujourd'hui.
Ils seront aussi au coeur des enjeux liés au réchauffement climatique.
Stocker, par exemple du carbone, grâce aux prairies, gérer au mieux les questions liées à l'eau.
Mais aussi gérer de façon plus responsable les terres agricoles.
Ne plus les gaspiller.
Encadrer aussi les achats massifs de terres qui se multiplient.
Parmi les acteurs de ce grand Monopoly, on retrouve la Chine. « Elle représente 22 % de la population mondiale mais dispose de seulement 8 % des terres arables. »
source : http://www.ouest-france.fr / photo : Franck Dubray