Agriculture biologique - 3 - Fondements
Le mouvement de l'agriculture biologique s'est constitué en réaction à l'avènement de l'agrochimie, au milieu du XIXe siècle, et surtout au développement de l'usage des engrais minéraux issus de la chimiosynthèse, dans les années 1930.
On considère usuellement comme ses fondateurs Albert Howard, Rudolf Steiner, Hans et Maria Müller, Hans Peter Rusch, Masanobu Fukuoka, pour ne citer qu'eux.
L'apparition de l'agriculture biologique s'accompagne de nombreuses critiques sur l'évolution de la pratique agricole. Sont notamment critiqués :
- L'abandon d'une vision holistique (ou holiste) de la Nature et de la croyance en une Nature bienveillante,
- Le rejet des pratiques traditionnelles et du rôle prépondérant de l'humus (notamment chez Howard et Fukuoka),
- La dégradation des liens sociaux et des libertés paysannes, suite aux restructurations du XIXe siècle et au développement des grands groupes agro-industriels (Müller),
- Le développement d'une vision réductionniste et utilitariste du monde aux dépens d'une relation plus spirituelle avec celui-ci, et le désenchantement qui accompagne ce rapport au monde (Steiner, Fukukoa),
- L'autorité d'une science agronomique confinée au laboratoire et détachée des réalités du terrain (Howard, Fukuoka),
- La prédominance des intérêts financiers et commerciaux dans la conception des exploitations agricoles et dans les développements technologiques, généralement aux dépens de la fertilité du sol (Howard, Müller, Fukuoka).
Le rejet des produits de synthèse dans la production agricole et la volonté de produire des aliments de bonne qualité ne constituent ainsi, historiquement, que les aspects les plus superficiels du mouvement.
Comme équivalent anglophone (Organic farming), l'expression francophone Agriculture biologique apparue vers 1950 est, au sens littéral, un pléonasme car il n'existe pas d'agriculture non biologique ou non-organique. Mais elle a été choisie pour différencier cette agriculture des systèmes de production agricoles faisant appel aux intrants chimiques (engrais), aux pesticides dits « phytosanitaires » (tels que herbicides, insecticides ou fongicides, hormones de synthèses, antiparasitaires…), car polluants pour la santé et l'environnement et ne participant pas à ce que l'on appellera par la suite une agriculture durable.
Bien que l'utilisation massive de la chimie en agriculture soit relativement récente, on la désigne souvent comme agriculture conventionnelle face à l'agriculture biologique.
L'agriculture biologique est en plein développement[6] et comprend tout un éventail de techniques allant de la micro-agriculture biointensive et la permaculture à des pratiques agricoles fondées sur une vision occulte ou ésotérique de la nature comme l'agriculture biodynamique qui prend en compte le cycle des saisons, le cycle lunaire et des planètes de façon très précise afin d'augmenter le rendement des cultures et de permettre leur développement de manière naturelle et plus efficace.