Faire de l'agriculture biologique, c'est exercer le vrai métier de paysan (2 & fin)
Ils se sont adressés à la GABNOR (Groupement des agriculteurs Biologique du Nord Pas-de-Calais).
Une étude économique est menée pour voir si le projet est viable. « On a eu leur feu vert, on s'est lancés. » Un projet qui a demandé quelques aménagements dans l'exploitation : « On a troqué notre pulvérisateur qui traitait chimiquement les mauvaises herbes pour une houe rotative et une herse étrille qui les enlèvent mécaniquement, la surface des prairies a été augmentée, on est passé de 2,5 hectares à 20 », énumère l'agricultrice. Sans compter l'achat de nouvelles vaches : « Avant, une vache produisait 8 000 litres de lait par an.
Avec la nourriture bio elle ne produit plus que 5 500 litres, il faut donc plus de vaches pour atteindre notre quota », souligne l'agricultrice.
En tout c'est près de 50 000 € que le couple a investi pour se convertir au bio. Autre conséquence de l'agriculture biologique : les 130 bêtes des agriculteurs bouchinois ne mangent plus que du bio, « fini les maïs et le soja, elles mangent de l'herbe qui a poussé naturellement dans nos prairies ».
Une nourriture plus saine qui a des conséquences positives sur les ruminants, « j'ai remarqué qu'ils ruminaient plus et sont moins malades... » Les deux premières années sont financièrement difficiles pour le couple : « Tout ce qu'on produit n'est pas considéré bio, par contre tout ce qu'on achète doit l'être. »
Deux années nécessaires pour éliminer tous les résidus de produits chimiques chez les animaux et dans les terres. « Nous avons droit à quelques aides mais ça ne compense pas.
C'est un investissement sur l'avenir mais surtout on est mieux dans sa tête, on revient au vrai métier de paysan ! » Une visite de la ferme du couple a été organisée, par la GABNOR, pour les fermiers du coin.
L'occasion pour ces professionnels d'échanger sur les résultats de cette agriculture.
Une réunion qui aura peut-être créé des vocations...
par Hélène GRAFFEUILLE www.lavoixeco.com