La disparition des abeilles aux États-Unis élucidée (2)
À partir de là, ils se sont intéressés à tous les parasites pathogènes des abeilles, en éliminant tous ceux qui ne se retrouvaient pas dans tous les échantillons.
Au bout du compte, ils ont trouvé deux suspects: un virus appartenant à la famille des Iridoviridae et un champignon microscopique unicellulaire Nosema ceranae, déjà montré du doigt par certains chercheurs comme un des principaux pathogènes des colonies en Europe.
Après avoir contaminé des abeilles en laboratoire avec ces deux pathogènes, ils ont constaté des taux de mortalité de 100%. «Cela ouvre beaucoup de pistes», estime Michael DuBow.
C'est donc l'association du virus et du champignon qui pourrait être à l'origine du CCD. «Pourquoi pas, admet Yves Le Conte, de l'Inra.
C'est peut-être un pas en avant pour le CCD, mais ça n'explique pas tout.
D'une part, cette pathologie n'est à l'origine que d'un tiers des mortalités constatées chez les abeilles américaines.
D'autre part, on ne sait pas pourquoi les abeilles ont attrapé ces deux parasites.
C'est peut-être un pesticide qui a déclenché une baisse d'immunité…»
Un avis partagé par Bernard Vaissière, de l'Inra. «Est-ce que l'association du virus et du champignon est la cause ou la conséquence de la maladie? On n'en sait rien.
Il nous manque le scénario.
En Europe de l'Ouest, on se focalise en ce moment sur Nosema ceranae qui serait à l'origine de tous les problèmes sanitaires.
Or, une étude publiée en ligne dans Apidologie, montre que ce champignon est présent dans les ruches dans les Balkans sans que les abeilles en pâtissent.»
En 2009, un rapport de l'Afssa dénombrait une quarantaine de causes possibles à l'origine des mortalités et des affaiblissements de colonies d'abeilles.
Source : http://www.lefigaro.fr/sciences/