Ne crions plus haro sur l’agriculture biologique !
Avec la crise des graines germées, un nombre croissant de responsables politiques voire de journalistes précisent avec un malin plaisir que ces graines sont issues de l’agriculture biologique.
Avec bien souvent en corollaire un petit reportage montrant que l’agriculture bio peut être dangereuse…
J’aimerais qu’à chaque fois qu’il y a une crise sanitaire majeure comme la vache folle, les poulets d’élevage en batterie nourris aux boues de stations d’épurations, voire même les retraits rapides de lots alimentaires dans la précipitation (souvent des fromages au lait cru mais aussi de la viande de gros abattoir), ou encore lors de l’ingestion mortelle d’un hamburger dans une célèbre chaîne de fast food, on nous passe également un petit reportage qui nous montre à quel point l’agriculture non-bio peut être dangereuse…
Dangereuse pour la terre, qui sur certaines parcelles est devenue stérile, dangereuse pour les insectes - nous approchons de la journée « api-days » sur les abeilles, ce 17 juin, et leur déclin n’est toujours pas inversé. Dangereuse pour les hommes pour lesquels on constate une augmentation croissante de certains cancers.
L’agriculture respectueuse de l’environnement subit une crise de maturité.
Nous sortons de l’artisanal pur et nous allons vers des process quasiment industriels. L’entrée du bio de manière massive dans les habitudes de consommation est une très bonne chose, cette entrée nous a permis de révéler certaines carences du secteur.
Alors ne crions pas haro sur l’agriculture biologique. Réfléchissons plutôt à une traçabilité des produits et à la méthodologie pour éviter à l’avenir d’autres dégâts. Nous l’avons fait en France sur nos fromages au lait cru et c’est ce qui nous a permis à mon sens de les pérenniser.
C’est ce qui permettra de développer l’agriculture bio plus sûre.
Source : Marien Lovichi - délégué d’écologie et démocratie, membre du MoDem