La biodiversité se mesure-t-elle en euros ? (3 & fin)
La nature substituable ?
Pour certains spécialistes des relations nature-société, comme Raphaël Larrère, cette question de la valeur monétaire de la biodiversité aurait pourtant dû être dépassée et nombre d’économistes ne croient plus à cette évaluation contingente, qui est loin d’être nouvelle.
Déjà à Rio, en 1992, lors de la conférence sur la diversité biologique, le problème de la juste répartition des bénéfices économiques de la biodiversité avait été porté au débat, et depuis cette question n’a soulevé qu’incertitudes.
Car, pour Raphaël Larrère, « penser que la diversité biologique a une valeur économique revient à considérer que la disparition d’éléments de nature en un lieu donné peut être substituable en un autre lieu ».
En basculant sur des valeurs instrumentales comme la monnaie, la valeur intrinsèque du vivant, sa valeur en soi, s’évanouit.
Mais la disparition d’une population, animale ou végétale, sur un territoire donné est purement et simplement irréversible, pourrait-elle être remplacée et par quoi ?
Si les auteurs du rapport restent éminemment prudents, notamment en précisant que fixer une valeur monétaire à la biodiversité ne conduit pas forcément vers la marchandisation mais plutôt vers une internalisation des coûts, il n’en reste pas moins que ce travail établit clairement l’orientation de nos rapports actuels et à venir avec la nature.
Avec ce document, le 'centre d’analyse stratégique' du gouvernement espère répondre aux enjeux contemporains de la biodiversité, le premier étant « un changement de notre perception ». « Il est crucial de resituer la biodiversité sous l’angle de son omniprésence comme fondement de la vie et de ses multiples interactions avec les sociétés humaines » lira-t-on dans ce document.
Pour ce faire, on privilégie l’argument monétaire, est-ce aller au plus simple et vers le plus effectif, ou définitivement désenchanter le monde et nier pour la société toute capacité d’éthique ou de morale ?
Pour certains spécialistes des relations nature-société, comme Raphaël Larrère, cette question de la valeur monétaire de la biodiversité aurait pourtant dû être dépassée et nombre d’économistes ne croient plus à cette évaluation contingente, qui est loin d’être nouvelle.
Déjà à Rio, en 1992, lors de la conférence sur la diversité biologique, le problème de la juste répartition des bénéfices économiques de la biodiversité avait été porté au débat, et depuis cette question n’a soulevé qu’incertitudes.
Car, pour Raphaël Larrère, « penser que la diversité biologique a une valeur économique revient à considérer que la disparition d’éléments de nature en un lieu donné peut être substituable en un autre lieu ».En basculant sur des valeurs instrumentales comme la monnaie, la valeur intrinsèque du vivant, sa valeur en soi, s’évanouit.
Mais la disparition d’une population, animale ou végétale, sur un territoire donné est purement et simplement irréversible, pourrait-elle être remplacée et par quoi ?
Si les auteurs du rapport restent éminemment prudents, notamment en précisant que fixer une valeur monétaire à la biodiversité ne conduit pas forcément vers la marchandisation mais plutôt vers une internalisation des coûts, il n’en reste pas moins que ce travail établit clairement l’orientation de nos rapports actuels et à venir avec la nature.
Avec ce document, le 'centre d’analyse stratégique' du gouvernement espère répondre aux enjeux contemporains de la biodiversité, le premier étant « un changement de notre perception ». « Il est crucial de resituer la biodiversité sous l’angle de son omniprésence comme fondement de la vie et de ses multiples interactions avec les sociétés humaines » lira-t-on dans ce document.
Pour ce faire, on privilégie l’argument monétaire, est-ce aller au plus simple et vers le plus effectif, ou définitivement désenchanter le monde et nier pour la société toute capacité d’éthique ou de morale ?
Elisabeth Leciak - Univers Nature
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