Les limites de la surveillance en santé environnementale (3 )

Publié le par FESA

Colloque organisé le 22 juin 2009 par l’Institut de veille sanitaire (InVS).

L’absence de données antérieures à une situation de crise représente un autre problème.
«Lors des signalements de cas groupés de cancers dans une école bâtie sur un ancien site industriel à Vincennes (Val-de-Marne) en 2001, aucune donnée de surveillance sur les cancers pédiatriques n’a permis aux experts de pouvoir affirmer sur le moment, s’il s’agissait d’un excès de risque significatif ou du fruit du hasard», explique Joëlle Le Moal, épidémiologiste au département Santé environnement de l’InVS.
Or, il est difficile, pour les élus et la population «d’entendre» ce genre de réponse non tranchée.
La constitution de bases de données sanitaires s’avère donc essentielle afin de disposer d’un «bruit de fond» sur l’évolution des pathologies dans l’espace et le temps.
«Seule la constitution de telles normes permettra de répondre aux préoccupations de la société, par exemple sur les antennes-relais ou l’exposition au chlorodécone», indique Didier Torny, sociologue à l’Institut national de recherche agronomique (Inra).

Les systèmes actuels de surveillance ne seraient pas adaptés aux besoins spécifiques en santé environnementale (pathologies multifactorielles, risques diffus, exposition à de multiples polluants), affirment les épidémiologistes.
Ainsi, aucune base de données ne permet de confirmer le lien entre la survenue de leucémies infantiles et le fait de vivre à proximité d’installations nucléaires, suggéré par une récente étude allemande.
Le projet Géocap qui a pour objet la géolocalisation des expositions environnementales des enfants, vise toutefois à y répondre.
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