Sauver la biodiversité, et nous avec (3)
Or dans nos sociétés consuméristes où rien n'est gratuit, tout doit se justifier.
Peut-être faudra- t-il donc utiliser le même langage économique pour enfin se faire entendre.
Raisonner en termes de service écologique, ne plus protéger les tigres, les orangs outans ou les dendrobates pour eux-mêmes mais pour les bienfaits de leur présence au sein de la communauté des vivants.
Et peut-être faudra t-il aussi accepter, du moins dans un premier temps, de chiffrer l'inestimable, en donnant une valeur marchande à la biodiversité.
A chaque fois, qu'un atoll, une mangrove ou un morceau de forêt tropicale sera détruit, estimer les dégâts et réclamer une compensation en monnaie sonnante et trébuchante.

Pour l'heure, comme le rappelle le naturaliste philosophe Yves Paccalet, « un arbre, ça n'a de prix qu'à partir du moment où on le coupe pour en faire des planches. En tant que tel ça n'a aucun prix. Un éléphant, ça n'a pas de prix, si c'est en Afrique ou en Inde en train de se balader dans la jungle. Ca un prix uniquement si on le tue pour prendre ses défenses. Là, l'ivoire a un prix ».
Par conséquent, pour sortir de ce commerce mortifère, donnons un prix aux éléphants et aux forêts, aussi fictif soit-il, quand ils sont encore vivants… « Parce qu'ils le valent bien ».
Et plus la biodiversité vaudra son pesant d'or, plus des démarches de protection auront-elles des chances d'être entreprises, les pesticides abolis, les parcs marins et les corridors écologiques créés, des crédits accordés à la recherche, des études menées, des solutions de cohabitation harmonieuses pour l'ensemble des espèces entrevues.
Et plus nombreuses seront aussi sans doute les pages accordées à ce sujet dans les rubriques de nos journaux…