7. L’agriculture biologique a-t-elle des rendements suffisants ?

Publié le par FESA

Il est bien connu que l’agriculture biologique est moins productive (de 30 % à 50 %) que l’agriculture traditionnelle. Les conséquences de ce choix ne sont pas souvent évoquées de manière critique.

Les résultats d’une étude approfondie menée aux USA et concernant la production de lait ont été publiés en 2008.

Trois situations ont été comparées : (1) l’élevage dans les conditions conventionnelles ; (2) l’élevage avec l’administration de bST (bovine somatotropine) connue pour augmenter la production laitière de 15 % ; (3) l’élevage selon les règles de l’agriculture biologique. Pour une production de lait donnée, par comparaison avec l’élevage traditionnel, la bST permet de diminuer le nombre de vaches de 8 % et la surface de terre de 5 %, alors que dans les conditions biologiques ce nombre augmente de 25 % et la surface de terre de 30 %. L’azote et le phosphore polluants produits sont diminués de 6 % et 5 % avec la bST et augmentés de 34 % et 15 % respectivement dans les conditions biologiques.

De la même manière, l’effet de serre et l’eutrophisation des eaux sont diminués de 6 % et 5 % avec la bST et augmentés de 13 % et 28 % dans les conditions biologiques.

290_18-27_2Nombre d’agronomes ne voient pas dans l’agriculture biologique une solution acceptable pour assurer une production suffisante de nourriture au niveau mondial, et surtout pas en Afrique.

Cette affirmation a été exprimée de manière claire entre autres au congrès de l’OCDE qui s’est tenu à Prague en 2009.

Certains annoncent même que l’extension et la généralisation des pratiques biologiques à l’ensemble des continents obligeraient à utiliser toutes les terres arables, ce qui constituerait le plus grand saccage que l’homme infligerait à notre planète.

Une option qu’il serait imprudent de négliger consiste à mettre au point des méthodes de culture à haut rendement compatibles avec la qualité des produits et le respect de l’environnement. Ceci permettrait de laisser un maximum de terres à l’état non cultivé.

Certains agronomes ont d’autres craintes encore.

Le combat affaibli contre divers ravageurs qui caractérise l’agriculture biologique pourrait se traduire à moyen terme par des infestations massives qui imposeraient des pertes de rendement considérables et des traitements phytosanitaires drastiques. Les champs cultivés selon les méthodes conventionnelles protègent actuellement les champs des agriculteurs biologiques, de même qu’en se faisant vacciner on participe à la protection de nos semblables.

 

source : AFIS (Association Française pour l'Information Scientifique) par Louis-Marie Houdebine

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