Agriculture biologique - Les Français toujours plus convaincus par le bio, une demande difficile à satisfaire (3 & fin)
Même avec une augmentation chaque année d'environ 20 % d'agriculteurs passant au bio, « on atteindra 4 ou 5 % des surfaces ». « Ce sera un grand maximum », selon Dominique Marion, président de la Fédération nationale d'agriculture biologique (FNAB).
Il regrette le manque de « communication positive et même de communication tout court » sur le bio de la part de l'actuel ministre, Bruno Le Maire, alors que son prédécesseur s'était beaucoup engagé dans ce domaine.
La question, selon M. Marion, est de savoir « si l'argent sera là » pour accompagner les agriculteurs dans leur « conversion », une période qui dure de 2 à 3 ans suivant les productions.
Il cite l'exemple de sa région Poitou-Charentes où des agriculteurs, récemment convertis, sont toujours en attente des aides promises.
Au ministère, où l'on reste assez flou sur les chiffres, on affirme que le secteur disposera en 2010 d'une enveloppe minimum de 50 millions d'euros, soit plus que les années précédentes.
Malgré ces efforts, la demande française reste largement supérieure à l'offre, ce qui explique que près de 30 % des achats bio des consommateurs français sont importés. Une tendance qui va s'amplifier en 2010 avec une hausse des importations de « quelques points », selon Mme Mercier
Si la France est autosuffisante dans certaines filières comme la viande et le vin, elle est particulièrement déficitaire dans les céréales et le secteur des fruits et légumes où les importations peuvent atteindre selon les produits les 60 %.
Un paradoxe quand les émissions de dioxyde de carbone générées par le transport des marchandises sont de plus en plus pointées du doigt.
Source : AFP