Dix questions sur l’agriculture biologique (4)
Un rapport commun de l’Académie des sciences, de l’Académie de médecine et du Centre international de recherche sur le cancer de Lyon publié en 2007 révèle que la pollution de l’environnement dans sa globalité, naturelle et produite par les activités humaines, est responsable tout au plus de 0,1 % des cancers.
Le fait que certains cancers sont en recrudescence ne signifie nullement, contrairement à ce que certains clament comme si c’était une évidence, qu’ils sont dus à l’agriculture "conventionnelle".
Une corrélation entre deux événements ne démontre pas que l’un est la cause de l’autre.
La corrélation entre la présence d’un briquet dans la poche et la fréquence des cancers du poumon est excellente et il serait pourtant hasardeux d’en conclure que les briquets sont cancérigènes.
C’est évidemment un autre facteur, le tabac, qui est en cause.
Le fait que la vie humaine s’allonge de trois mois par an dans les pays développés signifie que notre mode de vie est loin d’être une catastrophe, et c’est pour cela qu’il est envié par ceux qui ne peuvent en bénéficier.
Le plaisir évident que prend la majorité des gens à manger notre bonne cuisine ramène le mythe de la malbouffe à sa juste valeur.
Il est important de prendre en compte le fait que le nombre de cancers de l’estomac a beaucoup diminué depuis 50 ans.
Il est probable que cela soit dû à l’abaissement très notable des mycotoxines dans notre alimentation.
Le retour vers les pratiques d’autrefois et vers la vente libre de produits artisanaux non contrôlés pourrait réserver quelques très mauvaises surprises dans les années à venir.
Rappel Source : par Louis-Marie Houdebine directeur de recherche à l’INRA, membre de la Commission du génie génétique, membre de la Commission de biotechnologies de l’AFSSA, et coauteur du rapport de l’AFSSA « OGM et alimentation : peut-on identifier et évaluer des bénéfices pour la santé ? ».