Le MDRGF ne veut pas être bâillonné par les producteurs de raisins (2)

Publié le par FESA

Rappel des faits.
Fin novembre 2008, le MDRGF publiait les résultats d’une enquête menée par 5 ONG dans 5 pays européens dans 16 enseignes de distribution.
Sur les 124 échantillons de raisins analysés par un laboratoire allemand spécialisé, 123 contenaient des résidus de pesticides dont 6 au-dessus des limites maximales en résidus (LMR), les normes sanitaires européennes.
En France, 4 des 25 échantillons contenaient des pesticides au-dessus des normes, dont 3 raisins produits en Italie et 1 en France.

Les producteurs de raisins ne contestent pas l’enquête mais «une lecture tendancieuse» de ses résultats faite par le MDRGF.
Ils auraient souhaité que les raisins français qui respectent les normes soient distingués des autres. «Notre objectif n’était pas de pointer du doigt les bons et les mauvais producteurs, mais de comparer les politiques des chaînes de distribution», se défend François Veillerette.

Pour le WWF, cette affaire met en lumière une nouvelle stratégie développée par les lobbies. Ces poursuites-bâillons ou Strategic lawsuits against public participation (SLAPP) selon les termes anglo-saxons, dont le but est «de faire taire les associations et d’attenter à la liberté d’expression des citoyens» en raison de la taille des risques financiers encourus se multiplieraient aux Etats-Unis, au Canada et désormais en Europe, selon l’ONG.
FESA-CicolellaAndre-10_01_26.jpgIl s’agit d’une stratégie «visant à intimider les lanceurs d’alerte ou ceux qui seraient tentés de les imiter», selon notre ami André Cicolella, porte-parole du Réseau environnement santé (RES) et fondateur de la Fondation sciences citoyennes. (et ancien de la commission santé des VERTS)
Même si l‘issue du procès donne raison au lanceur d'alerte -ce qui est souvent le cas- il en ressort affaibli. En France, la poursuite d’Etienne Cendrier, porte-parole de Robin des toits, par les opérateurs de téléphonie mobile pour complicité de diffamation, ou encore les procès intentés par le maire de Vincennes contre Véronique Lapides sur la question des friches industrielles et par le lobby du sel contre Pierre Méneton, chercheur de l’Inserm, font figure d’exemples.
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