Les difficultés du bio

Publié le par FESA

Même les meilleurs professionnels ne sont pas à l’abri de la pression parasitaire ou des maladies.

En effet, comme c’est le cas pour l’agriculture conventionnelle, l’éventail des produits phytosanitaires bio se rétrécit au fur et à mesure que la législation se renforce.

Après le retrait de la roténone et les limitations d’usage du cuivre, le Conseil agriculture et pêche de l’Union européenne propose maintenant la non-inclusion des huiles de paraffine dans l’annexe 1 de la directive 91/414/ CEE.

Or, peu de solutions alternatives existent.

Certaines expériences, notamment en lutte biologique, s’avèrent même très problématiques, comme en témoigne le cas de la coccinelle asiatique Harmonia axyridis, introduite en France par l’Inra en 1982.

Très efficace contre les cochenilles et les pucerons, cette coccinelle s’attaque aussi à d’autres insectes et aux coccinelles autochtones, pouvant perturber l’écosystème. index.jpgD’auxiliaire biologique, Harmonia axyridis est donc devenue une espèce d’autant plus envahissante qu’elle occasionne également des dégâts sur les fruits, en particulier sur les vignes.

Attirée par les fruits mûrs, elle peut être présente dans les grappes de raisin au moment des vendanges.

Ce qui n’est pas sans poser problème, car écrasée avec le raisin, elle contamine le jus par son odeur nauséabonde, ce qui dénature le vin.

Outre-Atlantique, la presse viticole a fait état de plusieurs cas où des récoltes complètes de vignes ont dû être détruites.

En France, Biotop commercialise une forme non volante d’Harmonia axyridis, Coccibelle.

Bernard Raynaud, responsable de la société, affirme que « la souche [commercialisée par Biotop] n’a aucun potentiel d’envahissement ».

Il avance même une autre hypothèse concernant son introduction en Europe : « La dynamique de développement d’Harmonia axyridis prêche à notre avis pour une importation fortuite via les ports du nord de l’Europe ».

Bref, pour Biotop, « l’histoire des coccineles contre les pucerons, et en particulier celle de Coccibele, reste une histoire merveilleuse, très intéressante et instructive, tant pour les scientifiques que pour le grand public ».

Or, comme le rappelle la Société alsacienne d’entomologie (SAE), « lutter contre une espèce exotique lorsqu’elle est invasive est quasiment impossible », contrairement à ce qui se passe avec les pesticides, qui peuvent toujours être retirés du marché.

Gil Rivière-Wekstein

Extrait du site Agriculture-environnement.fr.

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